•  Balade en Puisaye, voyage au cœur de la vannerie du monde

    Un très bel article relatif à la vannerie relevé sur le blog de Jackie

    http://bonheursdararat.canalblog.com

    Encore une belle idée de balade en Puisaye... cette campagne au cœur de l'Yonne est le berceau d'artistes, d'artisans, de passionnés mais surtout de la "vie"... vie proche de la campagne, des traditions, des histoires du monde rural qui souvent sont à l'origine du monde tout court ! et dans cette belle campagne, des hommes et des femmes qui prennent le temps de vivre, d'écouter les anciens, de transmettre et de partager !

     

    Avec quelques amies, nous avons découvert une passionnée ! et sa passion qui remonte à son enfance, à ses voyages, à ses rencontres au fil des pays dans lesquels elle a pris le temps de regarder autour d'elle ! elle a glané au fil des années des objets du quotidien, d'autres plus traditionnels ou religieux ou de mariage ! elle raconte avec passion ses souvenirs, ses découvertes, ses partages mais aussi l'histoire des pays, des hommes et des femmes qui lui ont fait découvrir ces objets, ceux qui ont accepté de partager leur savoir !

     

    nous avons passé un après-midi merveilleux à l'écouter et à voyager, tout en étant assises au coeur d'un joli village de Puisaye ! nous avons terminé notre visite autour d'un rafraîchissement à papoter comme si ces deux heures commençaient à peine car en plus d'avoir appris des milliers de choses et vu des vanneries aussi variées que merveilleuses, nous avons oublié le monde et ses douleurs ! Merci à elle pour ce moment magique !

     

    24 août 2020 expo vannerie Dracy (01)

     Dans l'ancienne cidrerie de Dracy, Hélène Lawson a rassemblé quelques 350 vanneries, du XVIIIe siècle à nos jours, découvertes au fil de ses séjours et des ses voyages en Asie, en Afrique et au gré des brocantes de nos régions. Elle partage avec ses visiteurs sa passion pour ces humbles objets qui témoignent de la créativité des vanniers du monde.

     

    Vannerie tressée, nattée, spiralée, vannerie laquée ou associée à du bois, du cuir, vannerie végétale ou métallique : les amateurs se régalent devant tant de création. Les différences se retrouvent dans le décor, les matières et les couleurs. Certaines vanneries sont du XIX e siècle et d'autres résolument modernes, fabriquées avec du fil de téléphone.

     

    Le panier à canard côtoie le panier à riz et celui à faire sécher le tabac. Le panier marocain de mariage se retrouve à côté des thermos de Chine. On a aussi les paniers pour faire des offrandes sacrées, des balais venus du Japon ou de Bali, paniers du Gabon, les instruments de musique et la vannerie de poupéehotte bourguignonne, objets rituels…

     regard10

     

     

    La vannerie, un art ! une tradition ! des matières, des techniques et des usages...

     La vannerie est l’art qui consiste à assembler des tiges flexibles en les tressant, pour obtenir des objets relativement rigides. C’est un art ancien, d’abord pratiqué au sein de groupes familiaux, puis artisanaux, par la spécialisation de membres de la communauté villageoise. La vannerie se pratique aussi à un échelon industriel, c’est-à-dire inséré dans l’économie de marché. Même à ce niveau,  l’activité ne nécessite en général que peu d’outils.

     

    En Bretagne, par exemple, toutes les pratiques existent : de la fabrication domestique à la spécialisation d’ateliers travaillant pour diverses industries. Les fabricants bretons se répartissent en plusieurs groupes techniques. Chaque groupe se distingue par sa façon d’agencer les ossatures, le mode de tressage, les outils utilisés, les positions de travail et par le matériau employé.

     

    En deux mille ans d’histoire, peu de textes ont porté sur les vanniers. Rendons à César ce qui lui appartient. Celui-ci fait plusieurs fois allusion au savoir-faire vannier des Gaulois continentaux et des Bretons insulaires (La Guerre des Gaules, Livre II/33, Livre VI/16 et Commentaire sur la Guerre civile, Livre I/54). Les Romains ont diffusé leur type de vannerie caractérisée par un emploi de montants droits. Cependant, il semble que cette technique ne se soit pas véritablement implantée en Bretagne. De même, l’une des principales familles de techniques de vannerie en Europe — celle utilisant des montants courbés disposés en méridien – n’est vraiment pratiquée que dans la marge est de la Bretagne. L’extrémité de la péninsule armoricaine est un isolat en matière de vannerie et les groupes techniques actuels sont circonscrits dans des territoires correspondant relativement bien à ceux des cités gallo-romaines.

     

    Au Moyen-Âge, la profession de vannier s’organise en corporation. En ce qui concerne le compagnonnage, la Cayenne de Nantes comprend des vanniers. En 1900, près d’un Français sur 1 000 pratique la vannerie de manière professionnelle. La production est constituée de séries de pièces normalisées, vendues en gros, principalement des emballages de toutes sortes dédiés à l’expédition des denrées. La région de Nantes, productrice d’osier, concentre alors de nombreux ateliers (jusqu’à 25). Ceux-ci fabriquent aussi de la vannerie pour la vie quotidienne : ameublement, puériculture, valises… Un modèle particulier de berceau était d’ailleurs connu comme berceau nantais ou berceau breton.

     

    berceaux

     

    Le maraîchage a facilité le développement d’ateliers en Bretagne nord. Des corbeilles appelées mannequins sont utilisées pour les récoltes, d’autres corbeilles appelées malouins sont de grands emballages destinés à l’expédition des pommes de terre outre-Manche. Les ateliers dédiés à cette activité sont situés dans la région qui va de Dinan à Dol-de-Bretagne. À Plouénan, dans le Léon, le quartier de Ponthéon est renommé pour ses vanniers. L’agriculture demande des quantités importantes de vannerie pour la récolte, ainsi les vanniers de Rannée (Ille-et-Vilaine) fabriquent-ils des paniers et des resses pour le « serrage » (le ramassage) des pommes à cidre.

     

    Les ports de pêche accueillent généralement un atelier voire plusieurs. Ainsi à Cancale, la grande pêche, l’exploitation de la baie du Mont-Saint-Michel et l’élevage des huîtres demandent des contenants robustes et nombreux. À Concarneau, les vanniers travaillent pour les pêcheurs, les conserveries, les ostréiculteurs, les mareyeurs, les particuliers… Leurs ateliers se regroupent près de la gare pour favoriser les expéditions.

     

    osier

     

    paniers

     

    Après la Seconde Guerre mondiale, les emballages en peuplier ou en carton se sont généralisés. Le plastique remplace l’osier dans de nombreux usages. La fabrication de vannerie se déplace progressivement en Europe de l’Est et en Asie, où la main-d’œuvre est moins rémunérée. Mais les Trente Glorieuses offrent aux vanniers des opportunités d’emplois plus rentables.

     

    Office de tourisme de Fayl-Billot

    Vannerie datant d'environ 4000 ans av. J-C, Saint-Florent, Corse L'osier a une longue histoire... En 1922, on retrouve des pièces de vanneries datant de 1340 avant J-C dans le tombeau de Toutankhamon. 1500 ans avant J-C, l a bible nous en parle aussi et Moïse, sauvé des eaux du Nil dans un berceau en vannerie, en est sans conteste le témoin.

    http://www.tourisme-faylbillot.com

     

    Les techniques 

     

    Les techniques de vannerie sont extrêmement nombreuses et variées à travers le Monde. Elles sont le fruit du génie et d’un long apprentissage des Hommes de chaque région à avoir su observer ce que réalisaient déjà certains oiseaux par exemple et à avoir su déceler,  façonner et assembler les végétaux sauvages propices à la confection de nombreux ouvrages tressés indispensables à la vie quotidienne.

     

    Ainsi, nous sommes les héritiers d’un patrimoine de savoirs-faire aussi varié que la vannerie sur arceaux, la vannerie spiralée, la vannerie française, la vannerie en nappe,  … et la liste est loin d’être exhaustive.

     

    Techniques, formes, signes et fonctions de la vannerie au Cameroun

    In Cameroon, basket-making appears as a form of crafting that, in addition to the satisfaction of the market, preserves artistic traditions and the local know-how rooted in the Cameroonian heritage. African basket-making, however, is almost not studied, in history nor in ethnology. This is why we chose to devote this article to this subject.

    https://journals.openedition.org

     

    La vannerie sur arceaux 

     

    Ces paniers peuvent être réalisés assez rapidement s’ils sont élaborés « en plein », c’est-à-dire que les arceaux et les brins d’osiers ne sont pas fendus.
    A moins que l’osier, ou tout autre matériau de tressage, soit très fin, cela donne souvent des paniers grossiers, très ajourés et d’une résistance qui laisse parfois à désirer.
    Toutefois, réalisés avec application, ils peuvent être très esthétiques, décoratifs et contenir de petites choses mais ce ne sont en aucun cas des paniers robustes de travail.

     

    Les paniers sur arceaux étaient le plus souvent fabriqués par les paysans pour leur propre usage. Ils servent à tout ! Travaux des champs, ramasser les pommes, étendre le linge, ramener du bois pour le poêle, ramasser de l’herbe pour les lapins ou encore les champignons …

     

    La structure d’un panier sur arceaux est constituée d’une anse assemblée avec la bordure du panier. L’œil du panier réalisé en éclisse d’osier (ou tout autre matériau) assure un bon équerrage entre ces deux pièces maîtresses et participe à l’esthétique du panier.  Les côtes, ou arceaux, placées de manière symétrique de part et d’autre de l’anse, terminent la structure du panier en formant une sorte de coque de bateau. Enfin, un tressage bien serré et jointif conférera au panier toute sa solidité.

     

    La vannerie spiralée

     

    C’est la technique de vannerie la plus ancienne (10 000 ans voire peut-être 35 000 ans avant J-C).
    Les Hommes inventèrent donc la vannerie par la pratique de cette technique à la fois très simple et demandant une certaine dextérité.

     

    Elle est constituée d’un colombin de paille (seigle, blé, jonc, molinie, carex, …) enroulé sur lui-même en colimaçon et cousu par un lien végétal (ronce, osier, …).

     

    Les Hommes de la Préhistoire confectionnaient ainsi de nombreux récipients de formes et de contenances variables servant à contenir et protéger les diverses récoltes (céréales , fruits, …) mais aussi à contenir de l’eau … en les enduisant d’argile. Ensuite, apparut la terre cuite.

     

    Bien d’autres techniques sont expliquées et présentées dans cette collection construite avec passion, on pourrait même dire... avec amour ! L’objet seul, son histoire, son vécu, concentre  l’attention du visiteur grâce aux explications d’Hélène   Lawson qui nous emporte avec elle dans ses souvenirs de  voyage et de rencontres ! Un seul conseil... allez y et savourez ce moment magique durant lequel vous oublierez tout le reste !

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     N'hésitez pas à aller faire un petit tour sur le blog de Jackie, :http://bonheursdararat.canalblog.com, tout plein d'autres articles tous très bien documentés : un vrai régal.

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     Un pot de fleurs pour décorer et personnaliser un sac (de courses par exemple)

    qui peut être réalisé complètement en tissu

    ou bien faire un appliqué sur un sac réutilisable de supermarché.

     

     

     

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  • Le saviez-vous : l'Inde est à l'origine du tissu provençal

    Par Isabelle Bonsignour | Publié le 04/08/2020 à 01:01 | Mis à jour le 04/08/2020 à 11:04
    Photo : @villa-rosemaine Inde provence tissu commerce

    De tous temps, Marseille a tenu une position commerciale en France et en Europe. A partir du XVIème siècle, son port constitue un des points d'arrivée des marchandises en provenance d’Orient et d’Asie, mais aussi un centre de distribution de ces marchandises en Europe. C’est ainsi que le coton sous toutes ses formes (ballots à filer et toiles brutes et imprimées) fait son apparition en France et en Europe et les cotonnades imprimées aux couleurs éclatantes que l’on appelle alors les indiennes deviennent un objet de convoitise. Suite à une pénurie des arrivages de cotonnades, la ville de Marseille se lance alors dans la production locale de ces tissus imprimés.

     

    Isabelle Corréard, de l’association Duppata, nous raconte comment les Marseillais acquièrent les compétences pour produire les cotonnades indiennes qui sont à l'origine du tissu provençal.


    Les cotonnades indiennes et le tissu provençal

    L’histoire de l’impression textile commence en Inde. Les artisans indiens ont mis en effet des milliers d’années à inventer des techniques ingénieuses permettant de fixer des teintes éclatantes sur le coton, utilisant des formules chimiques complexes que la science moderne n’est toujours pas parvenue à élucider complètement. Un des centres anciens des techniques d’impression sur tissu est Machilipatnam, ville portuaire et centre de production textile situé sur la côte sud-est de l’Inde dans l’Etat de l'Andhra-Pradesh.

    Mon tailleur m’a dit que les gens de qualité portaient le matin une robe de chambre en indienne (…) 

    Mr Jourdain dans Le bourgeois Gentilhomme de Molière

     

    De nos jours, le terme "indienne" évoque plutôt des cotonnades bon marché ou des motifs floraux recherchés, mais, du XVIème siècle au début du XIXème siècle, l’indienne est un tissu de luxe aux couleurs et aux motifs inédits. Ces indiennes sont exportées par terre et par mer vers l’Asie et l’Afrique depuis au moins le Moyen Âge, puis ensuite vers l’Europe qui ne représentait qu’un petit marché. Selon des spécialistes, depuis au moins le VIIIème siècle de notre ère, l’Afrique et l’Asie, notamment, l’Égypte, la Thaïlande, l’Iran, le Japon et l’Indonésie, recherchaient avec avidité les cotonnades indiennes et ont, de ce fait, influencé les répertoires de motifs des artisans indiens. 

     

    tissu provence inde impression textile

    Indienne "Le Grand Corail", musée du textile de Wesserling, Alsace, France

     

    L’impression des motifs des tissus provençaux est faite avec la même technique que les “indiennes” : on grave un motif sur une planche de bois et on applique la planche de bois dont la face gravée a été trempée dans de la teinture sur la toile préalablement préparée. Le tissu est ensuite lavé, séché et préparé pour la couleur et le motif suivant. Les dessins sont pour certains inspirés des motifs orientaux comme la palmette ou boteh en hindi que l’on appelle souvent impression cachemire en France et “qui font dire aux Français que les Indiens ont copié le dessin provençal,” confie Isabelle Corréard.

     

    tissu provence inde impression textile

    Indienneur imprimant un tissu à la main



    L’histoire de l’indiennage est intimement liée à celle du matelassage et de la broderie au boutis. Selon un spécialiste des tissus anciens, Serge Liagre, chaque fois que l’indienne est apparue dans une culture, elle a toujours été associée au travail de piqûre et de matelassage, que ce soit en Inde, en Perse, en Angleterre avec les quilts, ou en France avec la broderie de Marseille. En Provence, les cotonnades indiennes furent utilisées pour réaliser le boutis, un assemblage de deux toiles de coton maintenues entre elles par des broderies formant des motifs. Le jupon en boutis devint rapidement incontournable, ce vêtement, réservé à la noblesse, se démocratisa et toutes les jeunes Provençales, tant en ville qu'à la campagne, le mirent dans leur trousseau de mariage. 


     

    tissu provence inde impression textile

    Jupon piqué en coton d'indienne du XVIIIème siècle au musée d'histoire de Marseille- Wikipedia @Rvalette

     

    Une autre tradition prit racine, celle du pétassou en boutis destiné au nouveau-né. Cette pièce carrée avait pour fonction de protéger les vêtements de la personne qui portait le bébé. Le pétassou ressemble beaucoup aux couvertures indiennes pour nouveaux-nés brodées selon la technique du Kantha avec des restes de tissus de saris ou dhotis.


     

    tissu provence inde impression textile

    Couverture de nouveau-né en "broderie Kantha"



    A l’origine, Marseille est un des centres du commerce des cotonnades indiennes

    Dès le XVIème siècle, les navires chargés des produits arrivant d’Orient et d’Asie accostent à Marseille et y déchargent leurs marchandises qui sont ensuite acheminées dans le pays et en Europe. Contrairement à Lorient qui est le port d'arrivée de la route maritime faisant le tour du continent africain, Marseille est le point d'arrivée de la route semi-terrestre en provenance d’Inde et de Chine : les cargaisons sont acheminées par la route jusqu’en Turquie et traversent ensuite la mer Méditerranée pour rejoindre la France. En chemin, les convois chargent des produits des régions traversées (Isffahan, Diyarbakir, Constantinople, Smyrne et Alep) comme les toiles imprimées de Diyarbakir en Turquie. 

     

    tissu provence inde impression textile

    Cotonnade de Diyarbakir - @villa-rosemaine

     

    Le coton est importé d’Inde et d’Asie sous sa forme brute de ballots à filer, mais aussi sous la forme de toiles brutes et de tissus imprimés. Ce sont ces derniers qui sont appelés à l'époque les cotonnades indiennes ou même les “indiennes”. “Le coton, auparavant inconnu, est très prisé en Provence pour sa légèreté et sa fraîcheur et les cotonnades indiennes aux couleurs vives sont appréciées,” affirme Isabelle Corréard. "Avant son importation, les vêtements étaient faits de lin, de chanvre ou de laine chez les pauvres et de soie chez les plus aisés," précise-t-elle.

     

    Cependant, au milieu du XVIIième siècle, différents événements et notamment l'épidémie de peste entraînent une pénurie des cotonnades indiennes et des teintures en provenance des comptoirs français en Inde et en Asie. “On racontait à l'époque que la peste était transportée d’Asie en Europe dans les ballots de coton,” confie Isabelle Corréard. “C’est un gros souci pour les négociants marseillais qui voient leur chiffre d’affaires s'écrouler,” ajoute-t-elle.


    Marseille se lance sans grand succès dans la production des indiennes

    Les Marseillais décident de tenter de produire eux-mêmes les tissus imprimés qui se vendent si bien en Provence, mais aussi dans tout le pays et en Europe. La ville dispose des compétences artisanales de deux corps de métier qui sont capables de préparer les outils nécessaires à l’impression des motifs : 

    • les cartiers, qui fabriquent les cartes à jouer à partir de tampons et qui maîtrisent l'impression des motifs,
    • les graveurs sur bois, qui produisent les tampons de bois utilisés par les cartiers.


     

    tissu provence inde impression textile

    Affiche publicitaire des établissements Camoin fabricant de cartes à jouer vers 1880 - Wikipédia @Rvalette

     

    La production démarre au milieu du XVIIème siècle, mais les artisans ne parviennent pas à produire des cotonnades de la qualité des indiennes : les couleurs ne tiennent pas et se fanent très rapidement au soleil de la Provence. “Ils leur manquent les compétences des artisans orientaux en matière de préparation du tissu, d’utilisation des teintures et surtout du mordançage qui permet de fixer les couleurs,” explique Isabelle Corréard.


     

    tissu provence inde impression textile

    Tampons utilisés pour l’impression des motifs block print dans le Rajasthan @Swapnil.Karambelkar

     

    Grâce aux Arméniens, la qualité est enfin au rendez-vous

    Dans le monde du XVIIème siècle, les Arméniens sont reconnus pour leurs compétences en matière de préparation des tissus, d’application des teintures et d’utilisation des techniques de lavage/séchage qu’ils ont apprises des artisans indiens.

     

    tissu provence inde impression textile

     

    Colbert, alors contrôleur général des finances du royaume sous Louis XIV, donne le statut de port franc à Marseille et permet ainsi à la ville de pratiquer importations et exportations sans taxes. D’autre part, dans un objectif de développer la fabrication des soieries et des lainages qui sont une des spécialités de la France, il fait venir des artisans arméniens à Marseille et demande à la ville de les intégrer en échange de leurs compétences en matière d’impression sur tissu. Originellement, les Arméniens devaient former les Marseillais dans l’impression de la soie, mais les artisans marseillais se sont servis de ces techniques pour l’impression sur la toile de coton et la production locale de cotonnades indiennes atteint la qualité requise.

     

    tissu provence inde impression textile

    Détail de la doublure d’un caraco - @villa-rosemaine

     

    La France interdit la vente et l’utilisation des “indiennes”

    Cependant, face à l’engouement pour les cotonnades indiennes, les fabricants de soierie et lainages font pression sur le royaume pour sauvegarder leurs parts de marché et obtiennent en 1686 l’interdiction de vendre et de porter des cotonnades indiennes en France. Cette interdiction restera en place jusqu’en 1759. Les négociants marseillais contournent alors la loi en écoulant la production d’indiennes en Europe. La contrebande s’installe. 

     

    tissu provence inde impression textile

    Détail d’un foulard provençal avec motif cachemire - @villa-rosemaine

     

    Mais, les Marseillais obtiennent une dérogation pour l'utilisation du coton sous la forme de tissus d’ameublement à la condition qu’ils soient blancs et fabriqués à Marseille. C’est le développement du “piqué marseillais”, assemblage de deux épaisseurs de coton et d’une épaisseur de ouate maintenues ensemble par des piqûres au point droit classique puis du “boutis provençal”, une technique de broderie en relief. “Certains spécialistes textiles considèrent alors que cette technique provient aussi de l’Inde,” raconte Isabelle Corréard.


     

    tissu provence inde impression textile

    Vers 1790, Manufacture provençale, jupe piquée en indienne - @ villa-rosemaine

     

    Marseille exporte en Europe les tissus en piqué marseillais et boutis provençal. 

    Cependant, la production de cotonnades indiennes ne se limita pas à la région de Marseille. Après l’interdiction de fabrication de 1686, certains producteurs se déplacèrent en Suisse puis vers l’Alsace et enfin en région parisienne à Jouy en Josas (toile de Jouy) et la fabrication d’indiennes se répandit en France et en Suisse.

     

    En France, plusieurs musées du textile présentent des collections d’indiennes dont celui de Mulhouse ou celui de la toile de Jouy à Jouy en Josas. Une liste exhaustive des musées dans lesquels on peut voir des cotonnades indiennes anciennes est disponible sur le site de collectionneurs de textiles anciens : villa-rosemaine. (La plupart des photos de cet article sont extraites du très beau catalogue de l'exposition Indiennes sublimes organisée par la villa-rosemaine.)

     

    Objet de luxe au XVII et XVIIIème siècles, le tissu provençal est devenu plutôt aujourd’hui un objet souvenir rapporté par les touristes. “La version traditionnelle est encore produite par deux sociétés, Souleiado et Olivades, mais ce sont quand même des produits de luxe,” avoue Isabelle Corréard. 

     

    tissu provence inde impression textile

     


    Pour en savoir plus sur les indiennes, écouter l'émission de France Culture, Histoire du textile : Épisode 3 : L'importation et la consommation des indiennes en France du XVII au XIXe (à partir de la 9ème minute).

     

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  • truc de grand meres

    Les trucs et astuces de grand-mères : un page à conserver.

    Jackie, nous fait partager l'article paru sur son blog :

     http://bonheursdararat.canalblog.com/archives/2020/07/07/38417584.html#utm_medium=email&utm_source=notification&utm_campaign=bonheursdararat

     

    Blog grâce auquel nous apprenons tous les jours un tas de choses, avec des articles très documentés : un vrai régal.

    N'hésitez pas à aller le consulter, je dirai même mieux il faut s'y abonner !!!

    Merci Jackie pour ce partage

     

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  •  Les boutisseuses ou les brodeuses qui seraient intéressées par de l'organdi de coton blanc

    Toile "Organdi" blanc

     peuvent contacter Henriette soit directement

    soit par mail : leiroucasdoubarri83390@gmail.com

    Nous avons à disposition 2,70 m en 150 cm de large au prix de 15,90 €uros le mètre..

     

     

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  •  Une petite astuce qui peut rendre bien des services...surtout quand on porte un masque

    Cliquer sur le lien ci-dessous

    Astuce pour supprimer la buée sur lunettes et les miroirs

     https://mail.google.com/mail/u/1?ui=2&ik=593c9e194a&attid=0.1&permmsgid=msg-f:1666925805015408161&th=17221c301ae01e21&view=att&disp=safe

     

    Il semblerait que certaines personnes aient eu des difficultés pour lire le document avec le lien ci-dessus... 

    J'ai mis un autre lien sur YouTube... (surligner, clique droit avec et la souris et ouvrir)

    https://youtu.be/A0umHYEPkWY

     

    Astuce pour supprimer la buée sur lunettes et les miroirs

    Maintenant il ne reste plus qu'à mettre en application...

     

     

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  •  

    Un beau reportage à voir et revoir sur l'exposition de nos collègues

    "Aiguilles Divines" qui s'est déroulé le weekend dernier

     

    en cliquant sur le lien ci-dessous 

    http://www.aiguilles-divines.fr/expo-2020-cest-deja-fini

     

     

     

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  • La Présidente, les membres du Conseil d'administration de Lei Roucas

    vous souhaitent de belles fêtes de Noël

     

     

     

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  •  

    Quelques photos de l'apéritif réalisé par l'atelier cuisine de l'association .

     

      

    pour clôturer ces journées du patrimoine, avec, à la salle Jean Vilar un récital de Bramerie

      

    Apéritif qui a été très apprécié par tout le monde présent

    d'autant qu'il était servi par deux charmantes "serveuses".....  

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  •  

    France boutis sur France bleu
    Demain lundi 2/9/19 A partir de 13h30 France Boutis sera en direct sur France Bleu pour vous parler du boutis. Ecoutez...

     

     

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  • Un très article sur l'origine des santons de Provence sur le blog de Jackie à lire et relire !!!!

    10_nov15

    Cliquer sur le lien : http://bonheursdararat.canalblog.com/archives/2019/08/12/37560598.html

     

     

     

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  •  Ca papote, mais toutes sont sérieuses autour de leurs ouvrages

     En voici quelques uns

    Broderie

    Broderie en relief

     au ruban

    BRODERIES DIVERSES

    avec des jours....

     

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  • Le Var en quelques questions

    16 - Savez-vous pourquoi l'écusson du Rugby Club Toulonnais porte un brin de muguet ?

    17 - Connaissez-vous la "roustido" que l'on préparait autrefois au moulin à huile ?

    18 - En passant par les gorges d'Ollioules, vous avez sans doute admiré la roche taillée en arc de cercle qui permet le passage des voitures : pourquoi et pour qui fut-elle taillée de cette façon ?

    19 - Dans de nombreux villages se trouvent des lieux dits "Grand Défends", "Bas Défends" ou "Petits Défends" de quoi s'agissait-il ?

    20 - "Une seule route mène à Saint-Tropez, si vous voulez repartir, il faut rebrousser chemin ! Mais... voulez-vous repartir ?!!! Qui donc présenta si joliment la cité du Bailly ?

     

     

     

    Réponses

    16 - Le brin de muguet était la fleur fétiche du chanteur d'origine toulonnaise Mayol. Le stage où joue le RCT est dénommé Stade Mayol, du nom de son donateur..... Une façon de lui rendre hommage...

    17 - Sur un morceau de pain frotté d'ail et rôti sur la braise, un bon filet d'huile d'olive vierge. Ce mets simple et goûteux s'appelle la "roustido".

    18 - Cette roche fut taillée pour permettre le passage du carrosse de Louis XIII se rendant à Cotignac demander à la vierge, sur les conseils du père Fiacre, un successeur au trône de France.

    19 - Au Moyen Age les "Défends" étaient des prés communaux où l'on pouvait faire paître ses bêtes,

    20 - L'écrivain Colette qui séjournait à Saint-Tropez dans sa propriété baptisée "La Treille muscade".

     

    (Sources : Almanach pittoresque et pratique du Var).

    Fin

     

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  • Le Var en quelques questions

    11 - En quoi consiste la castagnado ?

    12 - En 1891, Carcès fut la troisième commune de France à bénéficier de l'éclairage électrique. Savez-vous pourquoi fut choisie cette commune varoise ?

    13 - "Quitte Paris, plante ta canne dans ton jardin ; le lendemain à ton réveil, tu verras qu'il y a poussé des roses". Quel personnage vantait ainsi le climat du département ?

    14 - Charles Gounod composa son opéra Roméo et Juliette au calme d'une cité balnéaire varoise. Savez-vous où ?

    15 - Bohème et mystique, contemporain de Verlaine et Rimbaud, ce poète varois qui se baptisa humilis mourut dans son village natal de Pourrières dans le plus complet dénuement. Pouvez-vous le citer ?

     

     

    Un petit jeu

    Réponses

    11 - La castagnado est la traditionnelle veillée aux châtaignes chère aux villages des Maures,

    12 - En 1889, le maire de Carcès alla à l'inauguration de l'exposition universelle de Paris, en compagnie d'un berger. Une réflexion cocasse de ce dernier attira l'attention sur Carcès. Pour original qu'il fut, le déplacement jusqu'à la capitale, se révéla rentable.

    13 - Alphonse Karr, poète jardinier qui séjourna à Saint Raphaël dans sa propriété qu'il baptisa "la maison close",

    14 - A Saint-Raphaël, à "l'Oustalet dou Capelan" (La Maison du Curé).

    15 - Germain Nouveau, le poète mendiant.

     

    (Sources : Almanach pittoresque et pratique du Var).

     

     

    A suivre ....

     

     

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  • Le Var en quelques questions

    6 - Déjà exploitées par les Romains, les sources thermales de La Pioule sont connues pour donner une eau digestive, diurétique et laxative, sur quelle commune jaillissent-elles ?

    7 - Exploités en galerie ou à ciel ouvert, les gisements de bauxite contribuèrent jusqu'à une époque récente à la prospérité du pays brignolais. Quelle commune possédait sur son territoire le 1er gisement européen du minerai rouge ?

    8 - Que commémore chaque année au mois de mai, la célèbre bravade de Saint-Tropez ?

    9 - Le dolmen de la Pierre de la Fée se trouve à Draguignan, pouvez-vous situer le menhir de la Pierre Plantée ?

    10 - "Parle si tu as des mots plus forts que le silence". Dans quelle abbaye varoise les moines ont-ils pris cette devise ?

     

    Un petit jeu

    Réponses

    6 - Au sud de la commune du Luc en Provence,

    7 - Cabasse dans la vallée de l'Issole,

    8 - La défense de Saint-Tropez contre la flotte espagnole en 1637 pendant la guerre de trente ans,

    9 - Erigé dans un champ de vigne sur la commune de Cabasse, ce menhir a une hauteur de 2,25 m,

    10 - Cette devise est celle des moines de la célèbre abbaye cistercienne du Thoronet située près de Lorgues.

    (Sources : Almanach pittoresque et pratique du Var).

     

    A suivre ....

     

     

     

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