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Les Treize desserts
Treize, comme le Christ et les douze apôtres. S’ils sont généralement associés à la Provence et à la tradition de Calèna du Comté de Nice, on les retrouve aujourd’hui dans toute l’Occitanie et même en Catalogne. Ils sont servis à l’issue du “Gros Souper”, repas du réveillon de Noël codifié.
Les quatre mendiants, représentant les différents ordres religieux catholiques ayant fait vœux de pauvreté, sont la base des 13 desserts :
noix et noisettes pour les Augustins
figues sèches pour les Franciscains
amandes pour les Carmes
raisins secs pour les Dominicains
À côté de ces quatre premiers desserts on trouve selon les régions, les villes ou même selon les familles :
la pompe à huile, brioche plate sucrée à l’huile d’olive, nommée aussi fougasse ou gibassier
le nougat noir et le nougat blanc de Provence (celui d’Allauch ou bien celui de Sault au miel de lavande et
les pommes et les poires
les prunes (Brignoles)
le verdaù (melon vert conservé dans le grain)
les oranges (signe de richesse), mandarines et clémentines
le melon de Noël
les raisins blancs
les fruits confits (d’Apt par exemple)
la pâte ou confiture de coing
des confiseries : truffes au chocolat ou papillotes
les calissons d’Aix
les bugnes (ou merveilles, ou oreillettes) petits beignets à la fleur d’oranger
la galette de lait
le gâteau aux amandes
les dattes (qui peuvent être farcies de pâte d’amande)
Selon la tradition, chaque convive doit manger un peu de chacun des 13 desserts, accompagné de vin cuit, pour s’assurer bonne fortune pour toute l’année.
La messe de minuit
La tradition de célébrer une messe à minuit le 24 décembre remonterait au Vème siècle et le rayonnement provençal de cet office de Noël n’est plus à souligner : il a ému le monde entier.
Avant la messe proprement dite, a lieu la veillée : c’est un instant de recueillement agrémenté de chants et de musique. Les “Noëls” y sont à l’honneur. Ce terme de “Noël” désigne habituellement un chant ou cantique en langue provençale par lequel les poètes traduisaient à la fois la ferveur religieuse et les traditions locales. Le “Noël” est en effet chanté en forme de dialogue et se prête fort bien aux jeux scéniques retrouvés dans la pastorale : les plus célèbres sont ceux de l’Avignonnais Nicolas Saboly (1614-1675), dont Frédéric Mistral disait “qu’ils feraient pleurer d’émotion toute une église”.
Outre les cantiques et les Noëls chantés, le cérémonial de la messe de minuit comporte une animation particulière au moment de l’offrande, le pastrage.
Sources :
https://provence-alpes-cotedazur.com/decouvrir/les-destinations/la-provence/la-veillee-de-noel/